
Le genre du cinematic plateformer est très vieux et a marqué au fer rouge l’histoire du jeu vidéo : Another World a été une vraie révolution à son époque, avec sa narration cinématographique. D’autres jeux ont suivi comme Heart of Darkness, Limbo, Inside ou encore Little Nightmare, pour citer les plus proches du jeu qui nous intéresse aujourd’hui. A chaque fois on a un protagoniste faible, qui part à l’aventure, avec un accent mis sur la mise en scène (les jeux étant souvent muets). D’un bout à l’autre vous aurez un mix de phases de plateforme et d’énigmes, avec souvent un peu d’infiltration. Le plus important étant l’histoire racontée, tout est très scripté et le joueur tient ici le rôle d’acteur qui fait ce qu’on lui demande sans jamais dévier. Une sorte d’histoire dont vous êtes le héros, mais qui utilise les codes du jeu vidéo pour vous impliquer dans l’action.
Note : ce jeu a été testé à partir d’un code éditeur. Je n’ai pas joué au premier volet et ai donc découvert le monde de Novo à l’occasion de ce test. Le jeu coûte 20€ hors promo sur les stores et se finit en environ 6 - 7 heures. Le peu de dialogues présents sont en anglais sous titrés français.
Dans le premier volet, vous suiviez Lana, habitante de la planète Novo, qui faisait face à une invasion extraterrestre, voyait sa famille et son village se faire enlever, et décidait de les poursuivre. En chemin, elle fait des rencontres, dont Mui, une sorte de chat robotique, sauve tout le monde, et découvre qu’elle et son peuple viennent d’une autre planète. J’ai fait volontairement court et très concis pour en dire le moins possible, mais sachez néanmoins qu’il s’agit du prologue de Planet of Lana 2, qui est assez gentil envers les nouveaux venus comme moi pour résumer l’histoire précédente. Dans ce second volet, on explore un vaisseau en ruine qui servira de tutoriel, on part chercher des ingrédients pour créer un remède, puis on part se venger d’un type, tout s'enchaîne sans grande logique et le tout se termine de façon extrêmement abrupte. Je pense que vous sentez bien le côté décousu. Le scénario se laisse suivre et est assez rapide dans son rythme, malgré quelques longueurs pas bien méchantes, mais les événements décrits ci-dessus n’ont pas beaucoup de rapport les uns avec les autres. J’ai fini le jeu avec la désagréable impression que les deux premiers tiers du jeu n’ont pas servi à grand chose d’un point de vue narratif. Le vrai intérêt vient des révélations distillées tout au long du jeu sur le passé de la planète Novo. Les dialogues sont doublés dans une langue inventée, sans aucun sous titre, pour nous pousser à essayer de deviner ce qui est dit, et c’est une idée charmante. Vu que la mise en scène reste claire je n’ai jamais été confus. On est proche d’un Another World où les interactions se faisaient sans dialogues mais restaient très claires. Au final la mise en scène est très réussie, mais ironiquement pour le genre, le scénario n’a pas grand intérêt.

Vous aurez aussi des collectables à rechercher dans les décors, pour vous pousser à un minimum d’exploration et tenter de reconstruire une fresque. Mais même avec ça le jeu est ultra linéaire. Le rythme est assez maitrisé, mais il est dommage qu’on passe si souvent d’une zone à l’autre avec un fondu au noir, dû à un voyage en barge volante ou à une ellipse temporelle. Pour le coup ça nuit à la cohérence du monde. En termes de jeu, le maniement de Lana est classique. Elle saute, court et nage, et s’accroupit par moment pour rester discrète. Vous aurez ainsi de la plateforme classique, mais aussi des moments où vous devrez échapper à des robots ou des caméras de surveillance, mixant énigmes et discrétion. Mais surtout elle a son “chat” Mui à ses côtés. Celui-ci est beaucoup plus souple et peut atteindre des endroits éloignés. Il peut aussi générer une onde électrique ou prendre le contrôle de petits animaux pour activer des mécanismes et résoudre des énigmes. Les situations se renouvellent bien, d’autant que le jeu se finit en 6 - 7 heures environ. Il n’est pas très difficile, même si certains passages nécessiteront plusieurs essais à cause d’un côté die and retry, classique du genre, bien que moins présent que dans un Inside par exemple.

Pour la partie technique, le jeu est assez beau. Même si les environnements sont assez classiques (forêt, grotte, mine, vaisseau en ruine, plage,...), la plupart ont un certain cachet. Mention spéciale à la ville, qui dure trop peu de temps mais en jette pas mal. Et carton rouge pour la mine et les entrepôts, qui détonnent par l’absence total d’intérêt visuel. Les quelques musiques sont surtout fonctionnelles : elles se laissent écouter en jeu, mais je doute que quiconque les écoutera une fois la manette reposée. Le sound design est aussi assez compétent et donne pas mal de vie aux environnements. Bruits d’animaux et de vent en pleine nature, silence et calme dans les grottes et entrepôts et bruits de vie dans les villes et village.
Conclusion
Au final un test assez court pour un jeu qui ne s’embarasse pas de gras. L’expérience est globalement bien pensée et nous offre de très beaux moments. J’ai listé tous les défauts du jeu, mais je pense que quiconque aime les cinématiques plateformers et les histoires du type “Les mondes d’aldébaran” appréciera. Ce n’est pas le meilleur de sa catégorie mais ça reste sympa entre deux gros jeux. Si un troisième volet sort, j’espère par contre qu’ils feront un effort sur l’histoire.

Vous aimerez ce jeu si :
- vous aimez les cinématiques plateformers
- vous voulez suivre une histoire sans vous prendre la tête sur le gameplay.
Vous n’aimerez pas ce jeu si :
- Vous voulez un gameplay qui fasse plus que le service minimum
- Quitte à avoir une histoire, autant qu’elle soit plus qu’un prétexte
Test réalisé par Luciole